Notre-Dame de l'Espérance de "titetoile"...Soyez les bienvenus'es sur mon blog-site...Merci pour votre passage...Il faut prendre le temps de nous dire  «JE T'AIME»

 

 

 

 

 

Aux yeux de Dieu

 

 

 

 

Aux yeux de Dieu, l’intention vaut l’acte.

 

Voilà une phrase importante qui mérite que nous nous y attardions :

1. concernant une mauvaise intention.

Le Sermon sur la montagne est le premier passage clair de l’Evangile où l’on voit effectivement que l’intention peut avoir autant de valeur que l’acte. Sous Moïse, la femme adultère était celle qui avait trompé son mari et elle méritait la mort. Jésus enseigne que l’adultère, touchant la femme ET l’homme, existe aussi bien dans sa réalisation que dans sa conception.

Celui qui désire avant même de concrétiser ce désir est passible du même jugement que celui qui est passé à l’acte. Il est condamné, non pas à la mort du corps, mais à la mort spirituelle (Rm 8,23 la solde du péché est la mort) ce qui est plus grave.

Le passage de l’Epître I de saint Jean cité par notre ami « Etienne-Lorant » est exactement dans la lignée du Sermon sur la montagne. Celui qui hait son frère – notez que haïr est différent de ne pas aimer – est aussi coupable que celui qui commet un acte envers son frère, acte condamnable aux yeux de Dieu : il est un meurtrier. Là encore, le meurtrier est passible de mort, non pas de la mort corporelle mais de la mort spirituelle.

Pourquoi Jésus, puis ses Apôtres, condamnent avec rigueur les mauvaises intentions ? Parce que la nature humaine a tendance à se laisser impressionner par des mauvaises intentions, surtout lorsqu’elles sont souvent nourries et peu voire pas du tout combattues.

Au contraire, celui qui s’efforcera de combattre toute mauvaise intention au point qu’elle ne devienne pas acte, au regard de Dieu, il n’y aura pas de faute puisque le péché provient d’une volonté de désordre, d’une volonté de faire quelque chose qui déplaît à Dieu, ce qui ne sera pas le cas ici.

Cela doit nous consoler en particulier si nous voulons grandir dans la perfection. Avoir des intentions mauvaises est répréhensible si elles se concrétisent. Mais si vous les affrontez aussitôt qu’elles naissent par un acte fort de volonté et en priant Jésus de vous secourir par la grâce, vous êtes alors sauvés, à l’abri du péché et vous ne succomberez pas à la tentation.

Qu’est-ce que la mort spirituelle ici ? C’est le retrait de l’Esprit-Saint, ou une perte de la grâce ou encore un non-renouvellement de la grâce dûs non pas à une faiblesse de l’homme mais une volonté sciemment faible. Cela montre que l’intention, comme la volonté, a une place importante dans la voie de la sainteté et de la perfection.

2. concernant une bonne intention.

Ce qui a été dit au sujet d’une mauvaise intention est en partie valable au sujet d’une bonne intention. La principale différence est que l’acte est parfois nécessaire en tant que l’intention seule n’est pas suffisante. Un exemple évident est celui de la reconnaissance de ses propres péchés. Si la volonté de confesser ses péchés à un prêtre précède la confession au prêtre de ses péchés, l’intention a une valeur largement inférieure à l’acte. Sinon, il suffirait de dire « je veux être sauvé » pour être sauvé alors que nous savons que c’est une hérésie. Cela n’empêche pas de dire sans erreur que le salut individuel dépend en partie du bon vouloir de l’homme.

Par contre, si l’intention est bonne et que l’acte découlant de cette intention ne semble pas avoir été aussi parfait que nous le voulions, il ne faut pas non plus tomber dans l’auto-condamnation. Dieu connaît le secret de nos cœurs et connaît l’imperfection de notre nature. Le désir de vouloir faire parfaitement un acte bon est tout à fait possible mais il arrive généralement que la réalisation soit imparfaite, toujours à cause de notre nature.

Dieu regardera l’intention aussi bien dans son origine que dans le moyen et s’il voit que tout est subordonné à sa fin, l’amour de Dieu, alors Dieu attribuera une sorte de perfection à l’acte imparfait du fait même que l’intention de réaliser l’acte aura été parfaite. Mais cela ne doit pas être une invitation à agir peu sous prétexte que les bonnes intentions ont du prix pour Dieu. La bonne intention verra sa valeur décroître si Dieu voit que l’acte ne suit pas alors que rien n’empêchait l’homme d’exécuter l’acte.

Cela doit aussi nous consoler lorsque nous faisons de notre mieux mais pensons et entendons dire de la bouche d’autrui que cela aurait pu être mieux. Cela doit nous inviter à toujours vouloir de bonnes choses et ne pas se bloquer dans leur réalisation parce que nous savons qu’il y aura toujours quelque chose à redire sur les actes.
Bien fraternellement dans le Christ, votre dévoué saint Augustin

 

Augustinius

Avec l'accord précieux de son auteur notre Ami Augustinius